Le massif forestier de Messok-Dja est située au Nord-ouest de la République du Congo, il fait partie de l’Espace Tridom Interzone Congo, compris dans le triangle des chefs-lieux des districts de Sembé, Souanké et Ngbala et est limité au Nord par la rivière Dja et contiguë au Parc National de Nki au Cameroun.
Le massif forestier de Messok-Dja se superpose aux séries de conservation, zones dédiées à la préservation de la biodiversité par les gestionnaires des Unités Forestières d’Aménagement selon la répartition suivante :

– L’UFA Jua-Ikié (5740 Km2) attribué à SEFYD, une société forestière chinoise de droit congolais avec un chevauchement de 924 km² ;
– l’UFA de Tala-Tala (6211 Km2) à SIFCO, une entreprise forestière libanaise de droit congolais, avec un chevauchement de 521 km².

Plusieurs études réalisées dans cette forêt ont mis en évidence sa richesse, ce qui lui a value le mérite d’être inscrite en 2011 dans le plan d’affectation des terres du Territoire TRIDOM-Congo comme aire protégée potentielle. Cette forêt servirait de couloir de migration pour plusieurs espèces entre les parcs nationaux d’Odzala-Kokoua et de Nki de par sa position intermédiaire entre les deux aires protégées. En outre, Le massif renferme encore des zones intactes qui n’ont pas subi l’exploitation forestière à cause de son relief peu propice.

Pour soutenir le classement de cette forêt, des inventaires fauniques ont été réalisés en 2011, 2013 et 2015. Les résultats de ces inventaires ont été d’autant plus importants qu’ils constituaient une base pour l’élaboration d’une stratégie de gestion de la faune dans cette forêt. Les résultats obtenus ont permis de faire l’état des lieux de la distribution et de l’abondance des grands et moyens mammifères vivant dans la forêt de Messok-Dja. Une population de 2 938 grands singes (gorille et chimpanzé) et 260 éléphants ont été dénombrés. En outre, Les céphalophes et les autres petits bovidés sont plus abondants dans la zone centrale et leur population est estimée à 46 462.

Les indices de braconnage notamment les carcasses d’éléphants observés démontrent bien de l’existence des menaces qui pèsent sur la faune de cet espace forestier d’où la nécessité de renforcer son statut de protection.